Zahra (10ème siècle)

DSC03444Quand Abd ar-Rahmane III a succédé à son grand-père comme émir omeyyade de Cordoue en 912, le pays était menacé de guerres civiles, et exposé aux attaques chrétiennes et celles de la dynastie fatimide de l’Afrique. Mais en l’espace de quelques décennies, non seulement ce dernier a sauvé l’Andalousie des luttes intestines et des menaces étrangères, mais aussi il a réussi à l’élever au rang des meilleures nations au monde.  En effet, celui-ci a  unifié l’Andalousie, et a étendu son autorité sur tout le Maghreb, de Tanger à Alger. L’Andalousie est rentrée alors dans une période de paix et de prospérité, si bien qu’en 951, les coffres royaux contenaient l’immense somme de 20 millions de pièces en or.

L’homme puissant qu’a été Abd er-Rahmane était éperdument amoureux de Zahra, l’une de ses esclaves et concubines.  Les historiens attestent qu’il ne lui refusait aucun souhait.  D’ailleurs, c’est pour satisfaire le désir de Zahra que la ville d’al-Zahra a été érigée.  En effet, quand l’une des esclaves et concubines d’Abd ar-Rahmane III est décédée, elle lui a laissé une somme importante d’argent.  De prime abord, celui-ci avait décidé d’utiliser cet argent pour libérer les musulmans qui étaient captifs dans les pays non-musulmans.  Après investigation, il s’est avéré qu’il n’y en avait point. Apprenant la nouvelle, Zahra lui a demandé de construire une ville qui immortaliserait son nom.

C’est ainsi que la ville al-Zahra a été construite au pied du mont al-Arousse, au nord de Cordoue – à trois miles de la Cordoue actuelle.  La construction a duré 25 ans, et a nécessité le travail quotidien de dix milles personnes, l’usage de mille cinq cents chevaux, et l’emploi de matériaux importés de partout dans le monde.

Les historiens considèrent Madinat al-Zahra comme l’une des merveilles du monde.  De nos jours, elle est considérée comme l’un des sites archéologiques principaux du début de l’islam et comme l’un des plus étendus de l’Europe occidentale.

Sources consultées :
Abd al-Hadi Tazi, al-Mar’ah fi tarikh al-gharb al-islami (Casablanca : Fennec, 1993), 217-218.

Ahmad Ibn Muhammad Maqqari,  Nafh al-tib min ghusn al-andalus al-ratib (Amsterdam : Oriental Press, 1968), vol. 1, 523-527.

Reinhart Dozy, trans. Francis Griffin Stokes, Spanish Islam, A History of the Moslems in Spain (London: Frank Cass, 1972), 445-447.

Jurji Zaydan, Abd al-Rahman (Misr: Hilal, 1920).

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