
En novembre 1956, le roi Mohamed V nomme le grand leader socialiste Mehdi Ben Barka à la présidence de la première Assemblée consultative du Maro, comme il le fait pour l’ensemble de ses membres. Faut-il souligner qu’aucune femme n’en fait partie ? Leur engagement dans la sphère publique, pourtant visible lors des luttes anticoloniales, semble n’avoir été qu’un épisode passager. Ceci dit, deux visions du parlement s’affrontent alors : pour le souverain, cette assemblée ne doit être qu’un organe consultatif chargé d’émettre des avis sur la gestion des affaires publiques ; pour ses membres, elle doit incarner la volonté populaire et exercer une réelle influence sur le pouvoir. Cette divergence scelle son destin : en 1959, l’Assemblée nationale consultative disparaît.